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MENSOR: La réVolution pSy

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@Claire Buron oui!!! Encore mieux!! Ça vous permet de voir où vous en êtes et d’affiner de préciser et d’augmenter le potentiel de guérison c’est super.
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@Claire Buron aucun souci
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le Diktat des maths
Quand l’école confond la performance sous pression avec l’intelligence Je voudrais vous parler d’un enfant assis devant une feuille de mathématiques. Quelques minutes auparavant, cet enfant discutait, inventait, argumentait. Il pouvait comprendre les émotions des autres avec une finesse étonnante, construire mentalement des systèmes complexes, poser des questions auxquelles aucun adulte n’avait pensé. Mais maintenant, devant cette feuille, quelque chose s’est arrêté. Son cœur s’accélère. Ses mains deviennent moites. Les chiffres semblent se déplacer. Il relit trois fois la même consigne sans parvenir à en saisir le sens. Autour de lui, les autres écrivent. L’horloge avance. Le professeur annonce qu’il ne reste plus que dix minutes. Et cette phrase apparaît dans son esprit : « Je vais encore être nul. » Quelques jours plus tard, il reçoit sa note : 4 sur 20. Mais ce n’est pas seulement une note qu’il reçoit. Il reçoit un verdict sur son intelligence. Il reçoit le regard inquiet de ses parents. Il entend peut-être : « Avec de telles notes en maths, tu ne pourras pas faire de grandes études. » Ou cette phrase, apparemment plus douce, mais tout aussi définitive : « Ce n’est pas grave, tout le monde ne peut pas être intelligent en maths. » Progressivement, l’enfant ne dit plus : « J’ai échoué à un contrôle. » Il dit : « Je suis nul en maths. » Puis, un jour, il ne dit même plus : « Je suis nul en maths. » Il dit : « Je suis nul. » Voilà comment une difficulté située dans une matière, à un moment précis et dans des conditions émotionnelles particulières, peut devenir une identité. Comment avons-nous pu faire d’une discipline aussi magnifique que les mathématiques un tribunal de la valeur intellectuelle des enfants ? Comment avons-nous pu décider qu’un élève rapide devant une équation serait destiné à réussir, tandis qu’un enfant paralysé devant la même équation devrait apprendre à réduire ses ambitions ? Cette hiérarchie n’est pas naturelle. Elle est historique. Pendant très longtemps, en France, la discipline qui sélectionnait les élites n’était pas les mathématiques. C’étaient les humanités classiques, le latin et le grec. Maîtriser les langues anciennes constituait une marque de distinction sociale et culturelle. Puis la France révolutionnaire et napoléonienne a construit un État centralisé qui avait besoin d’ingénieurs, de militaires, de cartographes et de grands techniciens. Fondée en 1794, l’École polytechnique a organisé son recrutement autour d’un concours exigeant dans lequel les sciences exactes occupaient une place centrale. Ce modèle de sélection a ensuite profondément influencé les grandes écoles et la formation des élites françaises. L’historien Bruno Belhoste rappelle que le concours est devenu, à partir de la fin du XIXᵉ siècle, l’un des principaux instruments de recrutement des élites en France.
vous avez dit vulnérable? faible? fragile?
Il y a des mots que notre société a abîmés. Vulnérable. Fragile. Faible. Trois mots que nous mélangeons en permanence alors qu’ils ne racontent absolument pas la même chose. La fragilité, c’est la capacité d’une structure à se briser. La faiblesse, c’est manquer momentanément de ressources face à une situation. La vulnérabilité, c’est autre chose. Être vulnérable, c’est pouvoir être atteint. Et pouvoir être atteint, c’est peut-être l’une des preuves les plus profondes que nous sommes encore humains. Celui qui aime est vulnérable. Celui qui s’attache est vulnérable. Celui qui espère est vulnérable. Celui qui donne sa confiance devient vulnérable. Celui qui devient parent devient vulnérable parce qu’une partie de lui commence à vivre à l’extérieur de son propre corps. Celui qui crée devient vulnérable parce qu’il expose une partie de lui au regard des autres. Et celui qui aime profondément accepte une vérité terrifiante : l’autre possède désormais la capacité de lui faire mal. La vulnérabilité n’est donc pas une faiblesse. La vulnérabilité est le prix de tout ce qui compte. Le véritable danger n’est pas d’être vulnérable. Le véritable danger commence lorsque nous construisons toute notre personnalité pour ne plus jamais l’être. Parce qu’un humain blessé ne décide pas toujours de se protéger. Son système de survie le fait à sa place. Dans ma grille de lecture du Transposé Familial et du Transposé Totallis, l’être humain transporte des apprentissages qui ne viennent pas seulement de ce qu’il a vécu lui-même. Il transporte aussi des modèles familiaux, des répétitions, des interdits, des loyautés, des peurs héritées et des manières de survivre transmises parfois sur plusieurs générations. Dans certaines familles, pleurer était dangereux. Dans certaines familles, avoir besoin de quelqu’un était dangereux. Dans certaines familles, montrer sa peur était dangereux. Alors une règle inconsciente s’installe : ne montre rien. Une lignée d’hommes ayant traversé la guerre peut transmettre : un homme ne pleure pas. Une lignée de femmes ayant dû survivre aux deuils, aux violences, aux abandons, à la pauvreté peut transmettre : une femme tient. Toujours. Et parfois, derrière la phrase « tu es forte », se cache l’une des injonctions les plus cruelles qui soient : tu n’as pas le droit de t’effondrer. Tu n’as pas le droit d’avoir besoin. Tu n’as pas le droit de demander qu’on prenne soin de toi. Alors l’enfant apprend. Il comprend très vite quelles émotions dérangent. Il pleure : on lui demande d’arrêter. Il a peur : on lui explique qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur. Il souffre : on lui rappelle que d’autres souffrent davantage. Il exprime un besoin : on le trouve exigeant. Et progressivement, il apprend quelque chose de terriblement violent : il apprend à ne plus croire ce qu’il ressent. On appelle parfois cela devenir fort. Moi, j’appelle souvent cela apprendre à disparaître de soi-même. Nous avons créé une société qui applaudit celui qui dit : « Je n’ai besoin de personne. » Mais ne plus avoir besoin de personne n’est pas forcément de l’autonomie. C’est parfois simplement une blessure devenue philosophie de vie. Nous admirons les gens qui encaissent tout. Nous valorisons ceux qui ne pleurent jamais. Nous glorifions la maîtrise. Mais un être humain qui ne ressent plus rien n’est pas nécessairement fort. Il est peut-être simplement anesthésié. L’humain est un mammifère social. Il naît dépendant. Il grandit dans le lien. Il se construit dans le regard de l’autre. Et nous avons pourtant réussi à transformer ce besoin fondamental de lien en soupçon de faiblesse. « Elle est trop sensible. » « Il prend tout trop à cœur. » « Elle s’attache trop. » Trop par rapport à quoi ? Trop sensible pour un monde qui s’est habitué à ne plus sentir ? Trop empathique pour une société qui confond parfois détachement et maturité ? Trop attaché dans une époque qui appelle indépendance le fait de ne plus vouloir dépendre affectivement de personne ? La vulnérabilité n’est pas le contraire de la force. Elle est souvent ce qui donne un sens à la force. Il faut très peu de courage pour ne rien aimer. Il en faut beaucoup pour aimer en sachant que l’on peut perdre. Il faut très peu de courage pour ne faire confiance à personne. Il en faut énormément pour refaire confiance après une trahison. Il faut très peu de courage pour ne jamais dire ce que l’on ressent. Il en faut infiniment davantage pour dire : « Oui, tu m’as blessé. Oui, j’ai peur. Oui, j’ai besoin de toi. » La force n’est pas de ne jamais trembler. La force, c’est parfois de trembler sans devenir quelqu’un d’autre. On peut être extrêmement puissant et extrêmement vulnérable. On peut être brillant et douter. On peut diriger et avoir peur. On peut soigner les autres et avoir besoin d’être soutenu. On peut être parent et ne pas savoir quoi faire. On peut être thérapeute et avoir ses blessures. On peut être courageux et trembler. Le courage n’existe d’ailleurs que parce que la peur existe. Sans peur, il n’y a pas de courage. Il y a simplement absence de danger ressenti. J’aime profondément les êtres vulnérables parce qu’ils ont conservé quelque chose que certaines stratégies de survie détruisent : la capacité d’être touché par l’autre. Et de cette capacité naissent probablement les plus belles qualités humaines. L’empathie. La compassion. La tendresse. L’altruisme. La gratitude. La solidarité. Pour avoir de la compassion, il faut accepter que la douleur de quelqu’un d’autre nous atteigne. Pour aimer, il faut laisser une porte ouverte. Et toute porte ouverte crée une vulnérabilité. Mais attention : être vulnérable ne veut pas dire être sans limites. La vulnérabilité n’est pas la soumission. Pardonner n’est pas autoriser. Comprendre n’est pas excuser. Aimer ne veut pas dire accepter d’être détruit. Être empathique ne signifie pas devenir l’éponge émotionnelle de tout le monde. On peut être profondément vulnérable et dire non. On peut aimer quelqu’un et partir. On peut aimer quelqu’un et refuser ce qu’il nous fait vivre. On peut aimer quelqu’un que l’on ne peut plus avoir dans sa vie. Voilà quelque chose que nous avons beaucoup de mal à accepter : deux vérités contradictoires peuvent être vraies en même temps. Je peux aimer et être en colère. Je peux pardonner et ne jamais revenir. Je peux être triste et savoir que ma décision est juste. Je peux être vulnérable sans être victime. Dans le Transposé Totallis, je regarde aussi ce que l’être humain fabrique pour survivre à la vulnérabilité. Quand montrer sa fragilité a provoqué l’humiliation, il peut fabriquer son contraire. Il devient dur. Ironique. Distant. Contrôlant. Il attaque avant d’être attaqué. Il quitte avant d’être quitté. Il humilie avant d’être humilié. Il rejette avant d’être rejeté. Et nous commettons alors une erreur : nous regardons le comportement sans regarder ce qu’il protège. Nous voyons l’arrogance. Nous ne voyons pas toujours la peur d’être insignifiant. Nous voyons le contrôle. Nous ne voyons pas toujours la terreur de perdre la maîtrise. Nous voyons l’indifférence. Nous ne voyons pas toujours l’enfant qui a compris très tôt qu’il valait mieux ne plus rien attendre. Nous voyons la forteresse. Nous oublions qu’une forteresse est toujours construite autour de quelque chose que l’on veut protéger. Et voici le paradoxe : une forteresse empêche ceux qui veulent vous faire du mal d’entrer. Mais elle empêche aussi ceux qui veulent vous aimer d’entrer. Nos protections peuvent nous sauver à dix ans et nous emprisonner à quarante. Ce qui nous a permis de survivre hier peut nous empêcher de vivre aujourd’hui. Grandir ne consiste donc peut-être pas à devenir invulnérable. Grandir consiste peut-être à devenir suffisamment solide pour pouvoir rester vulnérable. Suffisamment solide pour dire : « Ça m’a fait mal. » Suffisamment solide pour reconnaître : « Je me suis trompé. » Suffisamment solide pour demander pardon. Suffisamment solide pour demander de l’aide. Suffisamment solide pour aimer sans posséder. Suffisamment solide pour laisser partir quelqu’un que l’on aurait voulu garder. Il existe des moments dans une vie où l’on aimerait retirer tout ce que l’on ressent. Parce que ressentir peut faire atrocement mal. Mais il existe une réalité dont personne ne peut nous protéger : nous ne pouvons pas supprimer seulement les émotions douloureuses. Fermer la porte à la souffrance, c’est souvent fermer aussi une partie de la porte à l’amour. La même profondeur qui nous permet d’aimer très fort nous expose à souffrir très fort. La même capacité d’attachement qui rend une relation extraordinaire rend sa perte dévastatrice. Nous voudrions parfois les bénéfices de l’amour sans son risque. Mais cela n’existe pas. Aimer est un risque. Faire confiance est un risque. Créer est un risque. Devenir parent est un risque. Être soi-même est un risque. Vivre est un risque. Et peut-être que la vraie puissance ne consiste pas à supprimer le risque. Elle consiste à choisir malgré le risque. Alors je ne veux plus entendre que celui qui est vulnérable est faible. Regardez plutôt celui qui tremble mais reste debout. Regardez celle qui a été trahie et qui refuse pourtant de devenir cynique. Regardez celui qui a connu la violence et qui décide qu’elle s’arrêtera avec lui. Regardez celle qui aurait mille raisons de devenir dure et qui choisit malgré tout de rester tendre. Ça, c’est de la puissance. La plus grande victoire n’est peut-être pas de traverser la vie sans être blessé. C’est impossible. La plus grande victoire est peut-être de traverser ce qui nous a blessés sans devenir ce qui nous a blessés. Ne pas transmettre la violence reçue. Ne pas transformer l’abandon subi en abandon infligé. Ne pas transformer l’humiliation vécue en besoin d’humilier. Ne pas laisser ceux qui nous ont fait du mal décider de la personne que nous allons devenir. Voilà la liberté. Rester sensible sans devenir naïf. Rester ouvert sans être sans limites. Rester compassionnel sans s’abandonner soi-même. Continuer à aimer sans se trahir. Être vulnérable et pourtant profondément debout. Finalement, je ne crois pas que la vulnérabilité soit la fissure de l’être humain. Je crois qu’elle est l’endroit par lequel la lumière peut entrer. C’est l’endroit où nous cessons de jouer les invincibles. C’est l’endroit où derrière les diplômes, les statuts, l’intelligence, le pouvoir, les réussites et toutes les armures, il reste cette vérité extraordinairement simple : nous voulons tous être attendus, aimés, compris, reconnus, respectés, soutenus et protégés. Nous voulons compter pour quelqu’un. Et peut-être que notre humanité commence exactement là. Pas lorsque plus rien ne peut nous atteindre. Mais lorsque, malgré tout ce qui nous a atteints, nous refusons de devenir incapables d’aimer par peur d’être vulnérable. avec tout mon amour MF🫶
Sujet très intéressant : je vous propose mon idée sur l’inhibition intellectuelle
L’inhibition intellectuelle n’est pas un manque d’intelligence. C’est parfois exactement le contraire : une intelligence bien présente, mais devenue difficilement accessible au moment où la personne en a besoin. L’enfant sait, mais ne répond pas. L’adolescent comprend, mais rend copie blanche. L’adulte possède une compétence réelle, mais se sent soudain incapable de réfléchir lorsqu’il doit parler devant quelqu’un, défendre une idée, passer un examen, prendre une décision ou montrer ce qu’il sait. Et l’erreur fondamentale consiste souvent à confondre ce que la personne produit avec ce dont elle est capable. Nous évaluons l’intelligence à partir de son expression. Or une capacité intellectuelle et la possibilité de la mobiliser sont deux choses différentes. La recherche montre notamment que l’anxiété peut mobiliser une partie des ressources attentionnelles et de la mémoire de travail. Autrement dit, lorsque l’esprit doit simultanément résoudre un problème et surveiller le danger, le jugement ou l’échec potentiel, il lui reste moins de disponibilité pour penser. C’est une première clé pour comprendre l’inhibition intellectuelle. Il existe alors un paradoxe fascinant : plus l’enjeu devient important, plus certaines personnes perdent accès à leurs moyens. Elles peuvent parfaitement réussir seules chez elles et échouer lorsqu’elles sont observées. Elles peuvent avoir une pensée extrêmement riche et devenir incapables de trouver leurs mots face à une personne qu’elles considèrent comme supérieure. Elles peuvent comprendre un sujet complexe et se sentir soudain stupides lorsqu’elles entrent dans une salle d’examen. Leur intelligence n’a pas disparu. Les conditions d’accès à cette intelligence ont changé. Le symptôme peut prendre des formes extrêmement différentes : trous de mémoire, impossibilité de réfléchir rapidement, difficulté à organiser sa pensée, procrastination, évitement des tâches intellectuelles, lenteur, sensation de brouillard, incapacité à terminer ce que l’on commence, peur de parler, difficulté à argumenter, résultats scolaires très inférieurs aux capacités apparentes, refus d’apprendre, désinvestissement scolaire ou professionnel. Chez certains, l’inhibition se cache derrière le perfectionnisme. Ils veulent tellement ne pas se tromper qu’ils ne produisent plus. Ils corrigent avant même d’avoir créé. Ils censurent leur première idée, puis la deuxième, puis la troisième. À la fin, il ne reste plus rien. L’extérieur voit quelqu’un qui n’avance pas. À l’intérieur, il y avait parfois une activité intellectuelle considérable. Chez d’autres, elle prend la forme de la procrastination. Ne pas commencer évite momentanément de découvrir que l’on pourrait échouer. Et parfois aussi, plus subtilement, cela évite de découvrir que l’on pourrait réussir. Car réussir n’est pas toujours psychiquement neutre. Réussir peut signifier devenir visible. Être évalué. Être attendu au tournant. Devoir confirmer sa réussite. Être différent. Dépasser quelqu’un. Quitter symboliquement son groupe d’appartenance. C’est ici que nous devons distinguer la cause immédiate de la source. La cause immédiate peut être l’anxiété, la peur du jugement, la surcharge cognitive, le perfectionnisme, l’anticipation de l’échec ou un sentiment d’impuissance appris. Mais la source de cette réaction peut être beaucoup plus ancienne. Un enfant ne construit pas son rapport à son intelligence uniquement à travers ce qu’il apprend. Il le construit également à travers ce qui se passe lorsqu’il montre ce qu’il sait. Imaginez un enfant qui répond avec enthousiasme et entend régulièrement : « Arrête de faire ton intéressant. » Un enfant curieux à qui l’on répond : « Tu poses trop de questions. » Un enfant brillant qui découvre que ses réussites provoquent comparaison, jalousie ou distance. Un enfant qui lève la main et se fait ridiculiser lorsqu’il se trompe. Un enfant auquel on répète qu’il est paresseux, lent, rêveur, incapable, maladroit ou pas fait pour les études. Toutes ces situations ne produisent évidemment pas automatiquement une inhibition intellectuelle. Mais elles peuvent participer à construire une association fondamentale : montrer mon intelligence comporte un risque. La psychologie de l’éducation a également montré que les attentes des adultes peuvent influencer le concept que l’enfant développe de ses propres capacités et, dans certaines conditions, ses performances ultérieures. De la même manière, les phénomènes de menace du stéréotype ont montré qu’une représentation négative associée à l’identité d’une personne peut parfois altérer sa performance dans la situation même où elle cherche à démontrer sa compétence. Nous découvrons alors quelque chose d’essentiel : l’intelligence ne fonctionne jamais totalement indépendamment du contexte psychologique et social dans lequel elle doit s’exprimer. La deuxième grande source est la peur de l’erreur. Nous avons créé des systèmes éducatifs dans lesquels l’enfant apprend parfois très tôt que l’erreur signifie moins de points, une mauvaise note, une correction rouge, une comparaison ou une déception. Pourtant, intellectuellement, l’erreur est l’un des principaux outils d’apprentissage. Un cerveau qui apprend — ou, pour employer un vocabulaire plus psychologique, un sujet qui apprend — doit tester, se tromper, corriger, recommencer. Mais lorsque l’erreur devient une menace identitaire, la personne ne pense plus seulement : « Ma réponse est peut-être fausse. » Elle pense : « Si ma réponse est fausse, cela signifie peut-être que je suis stupide. » À cet instant, le problème intellectuel devient un problème identitaire. Et lorsque chaque réponse devient un référendum sur notre valeur personnelle, penser devient épuisant. Une autre source possible est l’impuissance apprise. Lorsqu’une personne expérimente de manière répétée qu’elle échoue quoi qu’elle fasse, ou qu’elle a le sentiment de n’avoir aucune prise sur le résultat, elle peut progressivement réduire ses tentatives. Elle ne cherche plus réellement la solution parce qu’elle anticipe déjà son impossibilité. Nous voyons alors apparaître une phrase terrible : « Je ne suis pas capable. » Cette phrase n’est plus la description d’une difficulté ponctuelle. Elle devient une identité. Et lorsqu’une croyance identitaire s’installe, elle commence à sélectionner les expériences qui semblent la confirmer. Je ne comprends pas immédiatement : preuve que je suis incapable. Je fais une erreur : preuve que je suis incapable. Quelqu’un comprend plus vite que moi : preuve que je suis incapable. Les réussites, elles, sont parfois attribuées à la chance. Le système devient presque impossible à contredire. Il existe enfin des situations où l’histoire relationnelle ou traumatique doit être explorée. Une insécurité chronique, des humiliations répétées, une violence psychologique ou certaines expériences de domination peuvent rendre l’évaluation particulièrement menaçante. Dans ces situations, l’inhibition intellectuelle peut être comprise cliniquement comme une stratégie de protection : ne pas se montrer, ne pas répondre, ne pas prendre trop de place, ne pas attirer l’attention. Ce n’est pas une explication universelle et il serait scientifiquement abusif d’attribuer toute inhibition intellectuelle à un traumatisme. Mais lorsqu’une personne connaît parfaitement quelque chose et perd systématiquement ses moyens devant certaines figures d’autorité ou dans certaines situations relationnelles, la question mérite d’être posée. Car l’inhibition intellectuelle est quelquefois extraordinairement sélective. Une personne peut être brillante avec ses amis et paralysée devant son patron. Très intelligente dans son domaine et incapable de parler devant sa famille. Créative lorsqu’elle travaille seule et presque vide lorsqu’on l’observe. C’est précisément cette variation qui nous donne une information capitale : lorsque la compétence change radicalement selon le contexte, il faut examiner le contexte avant de conclure à l’incompétence. Alors comment sortir de l’inhibition intellectuelle ? Certainement pas en répétant simplement à quelqu’un : « Mais tu es intelligent, aie confiance en toi. » Si cela suffisait, des millions de personnes auraient déjà réglé le problème. Il faut travailler sur le mécanisme qui empêche l’accès à la capacité. Première étape : séparer l’intelligence de la performance. Une performance est produite à un instant précis, dans un état physiologique précis, devant des personnes précises, avec un niveau de fatigue, d’émotion et de pression précis. Elle renseigne sur ce que quelqu’un a réussi à mobiliser dans cette situation. Elle ne résume pas son potentiel intellectuel. Deuxième étape : restaurer le droit à l’erreur. Une personne intellectuellement libre ne pense pas nécessairement juste immédiatement. Elle peut produire une hypothèse imparfaite, l’examiner, l’abandonner, en produire une autre. La pensée a besoin d’un espace où elle peut exister avant d’être jugée. Certaines personnes ne manquent donc pas d’idées : elles évaluent leurs idées trop tôt. Il faut parfois réapprendre à penser avant de corriger. Troisième étape : diminuer progressivement la menace associée à l’exposition intellectuelle. Parler dans un petit groupe avant de parler devant cent personnes. Produire un brouillon sans obligation de résultat. Répondre avant d’être certain à cent pour cent. Accepter volontairement certaines imperfections. L’objectif est de créer de nouvelles expériences : je peux réfléchir, me montrer, me tromper et rester en sécurité. Quatrième étape : identifier les phrases devenues des identités. « Je suis nul en maths. » « Je n’ai pas de mémoire. » « Je suis lent. » « Je ne sais pas parler. » « Je ne suis pas fait pour les études. » Ces formulations doivent être interrogées. Est-ce une capacité réellement absente ? Une compétence non apprise ? Une difficulté spécifique ? Un état anxieux ? Une ancienne conclusion transformée en identité ? La précision change tout. « Je suis incapable » ferme le système. « J’ai des difficultés à mobiliser cette compétence lorsque je suis évalué » ouvre immédiatement un champ d’intervention. Cinquième étape : lorsqu’une anxiété importante, une histoire traumatique, des humiliations ou des expériences répétées d’échec sont présentes, il peut être nécessaire de travailler directement sur ces éléments avec un professionnel compétent. Car on ne libère pas toujours une inhibition par davantage d’effort. Parfois, l’effort lui-même fait partie du problème. La personne tente depuis vingt ans de forcer une porte qui ne demande pas davantage de force, mais une autre clé. Et cette clé pourrait être la sécurité. Nous avons longtemps posé la mauvaise question aux personnes en inhibition intellectuelle. Nous leur avons demandé : « Pourquoi n’arrives-tu pas à réfléchir ? » Peut-être devrions-nous parfois demander : « Qu’est-ce qui se passe en toi au moment où tu dois montrer que tu sais ? » Cette question change radicalement notre regard. L’enfant qui ne répond pas n’est plus immédiatement considéré comme incapable. L’étudiant qui échoue n’est plus automatiquement défini par son résultat. L’adulte qui perd ses mots devant une autorité n’est plus réduit à sa performance du moment. Nous commençons à chercher ce qui bloque l’accès à ses ressources. Et surtout, nous cessons de confondre intelligence silencieuse et absence d’intelligence. Certaines personnes ont passé leur vie à croire qu’elles étaient moins intelligentes qu’elles ne l’étaient réellement simplement parce qu’elles n’ont jamais rencontré les conditions permettant à leur intelligence de s’exprimer librement. Le véritable enjeu n’est donc peut-être pas d’augmenter leur intelligence. Il est de lever ce qui l’empêche de circuler. Parce qu’une intelligence inhibée n’est pas une intelligence disparue. C’est une intelligence qui a appris qu’à certains endroits, devant certaines personnes ou dans certaines circonstances, il était plus prudent de se taire. Et lorsqu’on identifie enfin ce mécanisme, lorsque l’erreur redevient possible, lorsque la pensée cesse d’être un danger et que l’intelligence n’a plus besoin de demander la permission d’exister, quelque chose de remarquable se produit : la personne ne devient pas soudainement plus intelligente. Elle retrouve accès à l’intelligence qu’elle possédait déjà. MY❤️
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@Zayneb Ben tagharouit je n’ai personne sur paris
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@Zayneb Ben tagharouit uniquement a sete
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Myriam Fassio
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@myriam-fassio-8602
Myriam Fassio, je suis psychanalyste, pedopsychanalyste, décodage biologique , arbre minute, transgénérationnel , transfert-quantique, PLER...

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Joined Feb 17, 2026
Sète
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